Motu
Proprio "Ecclesia Dei "
du pape Jean-Paul II - 18 juillet
1988
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1. C’est avec beaucoup de tristesse
que l'Eglise de Dieu a appris l'ordination épiscopale illégitime conférée le 30
juin dernier par Mgr Marcel Lefebvre, qui a rendu vains tous les efforts que le
Saint-Siège a déployés ces dernières années pour assurer la pleine communion
avec l'Eglise de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X fondée par le même Mgr
Lefebvre. Tous ces efforts, spécialement ceux de ces derniers mois
particulièrement intenses, n'ont servi à rien alors que le Siège apostolique a
fait preuve de patience et d'indulgence jusqu'à la limite du possible.
2. Cette tristesse est particulièrement ressentie par
le successeur de Pierre à qui revient en premier de veiller à l'unité de
l'Eglise, même si le nombre des personnes concernées directement par ces
événements est relativement réduit. Car chaque personne est aimée de Dieu pour
elle-même et a été rachetée par le sang du Christ versé sur la Croix pour le
salut de tous les hommes.
Les circonstances particulières, objectives et
subjectives, qui entourent l'acte accompli par Mgr Lefebvre offrent à tous
l'occasion d'une réflexion profonde et d'un engagement renouvelé de fidélité au
Christ et à son Eglise.
3. En lui-même, cet acte a été une désobéissance au
Souverain Pontife en une matière très grave et d'une importance capitale pour l'unité
de l'Eglise, puisqu'il s'agit de l'ordination d'évêques par laquelle se
perpétue sacramentellement la succession apostolique. C'est pourquoi une telle
désobéissance, qui constitue en elle-même un véritable refus de la primauté de
l'évêque de Rome, constitue un acte schismatique. En accomplissant un tel acte
malgré la monition formelle qui lui a été envoyée par le cardinal préfet de la
Congrégation pour les Evêques le 17 juin dernier, Mgr Lefebvre a encouru avec
les prêtres Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et
Alfonso de Galarreta, la grave peine de l'excommunication prévue par la
discipline ecclésiastique.